Victoria/Virginie ma copine

Dimanche dernier, j’ai vu « Victoria ». On va pas se mentir, je savais que j’allais voir un bon film: son succès retentissant à Cannes, la presse unanime, les interviews savoureuses de Virginie Effira … Et le pitch évidemment: cette quadra avocate, divorcée et mère de deux gamines, qui dans le même temps se fait planter par son baby-sitter, doit défendre son ami accusé de tentative de meurtre, tout en faisant face aux révélations intimes que son ex-mari balance sur son blog! Tous mes capteurs étaient en alerte positive. Mais bon, ça nous arrive à tous: lorsqu’on va voir un film à très bonne presse un peu longtemps après sa sortie, on peut être vaguement déçu. Là, vraiment pas.

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Déjà Victoria, c’est Virginie Effira. Cette blonde magique, tantôt sublime, tantôt… comme moi. Pas d’autoflagellation ni de fausse modestie: y a des jours où l’on se sent pas trop mal balancée et d’autres où l’on a juste envie de pleurer en croisant notre visage dans la glace, non? Elle est comme ça Virginie/Victoria ou alors on la sent comme ça: divine dans une mini robe en lamé à un mariage et puis juste bien dans un jean qui lui flatte généreusement les fesses pour aller bosser. En plus elle est drôle, tellement drôle, et pas toujours volontairement, ce qui est encore mieux. Rien que dans le regard, y a un truc qui fait mouche. Le film est une réussite grâce à elle c’est certain, mais pas seulement.

Parce qu’il y a aussi les autres acteurs, tous excellents. Melvil Poupaud en ami qu’on préférait uniquement virtuel sur Facebook tant il est toxique, Laurent Poitrenaux en ex-mari pseudo écrivain qui accède à la gloire en racontant la vie intime de son ancienne épouse sur son blog, la géniale Laure Calamy en associée un brin hystérique et surtout Vincent Lacoste en baby-sitter des enfants et ange gardien de la maman!

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La richesse de ce film consiste en ces personnages bien trouvés et fouillés, en ces dialogues si bien écrits et jamais vains. Personnellement, j’ai adoré les échanges en franglais entre Victoria et son baby-sitter lorsque celui-ci lui annonce qu’il démissionne et qu’elle s’humilie à trouver les arguments qui pourraient le convaincre de rester. Une augmentation? 5%? 10%? « Ok you take the food out of the mouth of my children »! Régalade!

Elle est borderline Victoria c’est sûr, à recevoir ses plans Meetic directement dans sa chambre, à glisser consciemment dans la faute professionnelle, à s’envoyer avec ses filles des gaufres XXL à la chantilly et devant elles un smoothie au gin, à avaler une boîte de médocs la veille d’une plaidoirie à gros enjeu… Borderline, mais tellement humaine. Elle est le condensé de ce qu’on pourrait devenir si la vie devenait moins facile un jour et que tout commençait à pencher du mauvais côté. Si touchante Victoria dans son incapacité à seulement coucher, quand elle voudrait sans se l’avouer pouvoir aimer à nouveau. Si juste Victoria quand elle confie ne pas avoir vu l’évidence parce qu’elle a rarement plus de deux minutes de tranquillité intérieure.

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Ce film m’a plu aussi parce qu’il témoigne du regard d’une femme (la très douée Justine Triet) sur une autre, sans pour autant être féministe. Pas de connivence, pas de complaisance. Victoria est montrée telle qu’elle est, petit soldat prêt au combat, mais aussi faillible et sensible, envahie par des emmerdes qu’elle a souvent elle-même engendrées. Elle est si seule Victoria! Elles sont où ses copines?  Je veux dire, à part son associée rigolote et l’espèce de tromblon qui l’enfonce encore plus en lui assénant des propos ultra nébuleux dont on comprend quand même qu’ils ne sont pas super bienveillants… Ce n’est pas dans la solidarité féminine que Victoria puisera son salut, mais bien dans les bras d’un homme même si ce n’est pas forcément celui auquel elle aurait pensé dès le début, le boy’s next door!

C’est un film dont le scénario ose des trucs farfelus tout en restant hyper crédible, comme un procès pénal où l’on auditionne un chien excessivement possessif et un chimpanzé photographe par exemple! C’est futé, c’est risqué mais c’est gagné! Un peu à l’instar du parcours de Virginie Effira, passée d’une émission de télé-crochet (La Nouvelle Staaaaaaaar!) avant de suivre son petit bonhomme de chemin cinématographique et d’exploser aujourd’hui dans ce film taillé à la mesure de son talent. A mes yeux, elle pourrait être la petite sœur de Sandrine Kimberlain, c’est vous dire si la donzelle en a sous le Stiletto !

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