Mon Magic Top 5 du Free Lance

Est-ce le hasard? C’est rigolo, mais depuis que j’ai choisi le statut de free lance (ou que le statut m’a choisie, va savoir…), je tombe sur pas mal de papiers ou billets sur les règles d’or du free ou autres b.a.-ba de l’auto-entrepreneur, en passant par les 10 commandements du travailleur indépendant. Amen.

Alors, je les lis tous hein, parce que je suis consciencieuse comme fille et que je veux bien tout faire comme il faut, d’autant que je suis quand même au début de mon activité. Des fois que je passe à côté d’une règle essentielle et que je mette mon projet professionnel en péril… Aaaaaaahhhhhh ben non, je ne prends AUCUN risque!

Du coup, l’autre jour, en faisant mon jogging parmi les particules fines (et je réalise ici que si, en fait, des risques, j’en prends…), je faisais la synthèse de tous ces docs parcourus et me disais que si j’y ajoutais ma propre toute petite expérience, je pouvais, moi aussi, établir mon top 5 des conseils de Magic Free Lance. Mais comme je débute dans ce statut, je vais seulement aborder les points qui concernent le free lui-même et non pas les relations avec ses clients.

  • Magic Number 1 // SE LAVER ET S’HABILLER // Ça peut vous paraître évident et complétement superflu de le noter ici, surtout en top 1, mais… d’aucuns m’ont raconté avoir, au début tout au moins, osé s’asseoir en pyjama derrière leur ordi, les dents à peine lavées. Ben oui, les p’tits free, on l’a tous fait au moins une fois, ne serait-ce que pour répondre à un mail super urgent. Allez quoi, personne ne nous voit, y a pas de caméra, pas free1de client caché sous la table, les enfants sont tous à l’école: aucun ne pourra répéter que « Maman elle a trop de la chance, elle travaille en pyjama! » Eh oui, la tentation est grande… Mais là, je suis obligée de vous dire que, non, ce n’est pas possible. Déjà, se laver, ça réveille, ensuite ça participe de l’estime de soi! Les filles (les garçons aussi, notez, mais je ne sais pas pourquoi, je les sens moins réceptifs), choisir ses vêtements le matin, c’est chouette, non? (même si c’est souvent pour constater qu’on n’a vraiment plus rien à se mettre… Mais bon c’est un autre sujet). Savoir que l’on ressemble quand même un peu à quelque chose dans le miroir de la salle de bain, ça rend davantage confiant dans la négo d’un budget quinze minutes après. Je vais vous faire une révélation: je crois que le client, il le sent que vous ne vous êtes pas lavé les dents! Et une conversation menée en pilou sera par définition molle, et donc pas à votre avantage. Se laver, c’est s’humaniser. S’habiller, c’est passer en mode boulot. Il en va de même pour le petit déjeuner. On le prend AVANT de commencer à travailler: on ne mange pas devant son ordi, sous peine de laisser des miettes entre les touches du clavier, de renverser son bol de thé sur les documents classés top secret de son client et de lui répondre la bouche pleine s’il appelle précisément à ce moment-là! Allez, zou, sous la douche!
  • Magic Number 2 // APPRENDRE A DIRE NON // Je ne parle donc pas ici de vos clients (ce n’est pas le sujet) mais de vos amis. « Clarisse, tu viens prendre un café? Clarisse, t’as deux minutes, on se fait un skype? Clarisse, y a une super vente de petites créatrices au fin fond du 7e, en prenant le C5 non le C3 enfin je sais plus, franchement ça va pas nous prendre 3h, Clarisse, mate le dernier Recettes Pompettes sur YouTube, c’est de la bombe… » On est d’accord, toutes ces sollicitations sont hyper alléchantes, mais si vous dîtes oui à tout, autant vous dire que vous n’allez jamais réussir à travailler! Alors, je ne dis pas de vous priver totalement parce que ça, on le sait depuis qu’on est tout petit, l’interdiction totale égale la frustration et donc le craquage assuré au bout d’un jour et demi! Exemple: ma mère, elle n’achetait jamais de Nutella. Résultat, dès que j’en trouvais un pot chez des amis, je me jetais dedans tout entière. Ouais, je sais que ça vous parle!
  • Magic Number 2bis (oui, je sais, je triche, mais c’est MON blog…) // ETRE CLAIR // Là, je veux parler de votre relation à votre entourage plus que proche, à savoir votre famille. Il va falloir bien lui expliquer les bases de votre nouveau statut. Car, c’est normal hein, les pauvres chéris: quand ils partent travailler, à l’école ou au collège, dans le froid du matin et qu’ils vous voient rester à la maison parfois encore pas tout à fait prête (comprenez la brosse à dent coincée dans la bouche, les cheveux en pétard et les babouches aux pieds) ils ne peuvent tout simplement pas s’imaginer une seule seconde qu’une dure journée de labeur s’ouvre à vous. Ce qui marche bien avec les (petits) enfants, c’est l’effet convaincant de la répétition: « Maman TRAVAILLE; tu vois, ça c’est l’ordinateur de TRAVAIL de Maman; non Maman ne peut pas, elle doit terminer un TRAVAIL urgent… » Bon, mais au-delà de 5 ans, je pense que ça gave grave. Avec les collégiens, il faut veiller à se faire respecter sans minimiser leur susceptibilité. Par exemple, quand votre fille de 12 ans rentre et vous interrompt dans ce que vous faites pour vous dire, limite en pleurs, que « C’est vraiment horriiiiible, Machine a cassé avec free3Bidule alors que ça faisait dix ans qu’ils étaient ensemble » (rappel: les tourtereaux ont 12 ans, je répète 12 ans…), il vous faut garder votre calme. Ne pas vous esclaffer, ne pas dire que vous n’en avez rien à faire de ces boutonneux que vous ne connaissez même pas, ne pas lancer un pauvre « Allez, 10 de perdus 10 de retrouvés » (rappelez-vous comme ça vous énervait quand vous aviez le même âge!)… sans quoi l’adolescente en question s’enfermera dans sa chambre pendant deux heures, non sans avoir préalablement claqué la porte à en faire trembler les cloisons en placo de votre appartement. Quant à votre Chéribibi, eh bien, il faut aussi user de fermeté, avec subtilité. Donc lorsqu’il vous demande si vous pouvez commander un Drive ou acheter les places pour le concert de Björk parce qu’il faut être à 11h précises derrière l’ordi, dites non. A priori, il a lui aussi un ordi, un bureau, une montre: il doit y arriver tout aussi bien que vous. Attention, fermeté ne veut pas dire rigidité: profitez de votre statut flexiiiiiible pour lui faire des surprises comme lui proposer un déjeuner impromptu (ou acheter les places de Björk s’il ne vous a rien demandé ;-))
  • Magic Number 3 // SE FÉLICITER MAIS PAS TROP // « Rooo, j’ai bien travaillé aujourd’hui dis donc, et puis mon client, il a l’air drôlement content. Je mérite bien une petite récompense. Tiens, ce petit top canon chez Promod qui me tendait ses bras ajourés l’autre jour, je crois bien que je vais me l’offrir« . Alors, oui… mais non. Enfin, pareil qu’au Magic Number 2: pas trop tout le temps parce que sinon votre compte en banque n’aura même pas le temps de se remplir des paiements de vos clients que vous aurez déjà tout claqué chez Zara and co. La mesure, la mesure… Préférez une bonne bouteille de vin à partager avec votre Homme: c’est plus convivial et la promesse d’une belle soirée (même si la soirée ne sera que plus belle si vous portez ce petit top ajouré so sexy, aaaaahhhhh….)
  • Magic Number 4  // METTRE LE NEZ DEHORS // Ben oui, parce que dans une journée (même si elle est courte, rapport au fait que c’est vous qui récupérez les enfants à l’école!) on n’est pas toujours tout le temps absolument au top. Il y a des moments où l’inspiration a pris congé, où chaque phrase alignée sur votre doc word vous mortifie de honte, où vous vous demandez encore comment c’est possible d’être aussi creuse que vous. Alors là, au lieu de vous siffler le sixième café de la journée ou de vous enfiler une tablette entière de chocolat noir (parce que c’est moins grave que le lait/noisettes), au lieu aussi de zapper entre ce fameux doc word, les murs Facebook des copines et le super blog de Pensées de Ronde, je dis: Oust! Dehors! Cassos! Précipitez-vous dès maintenant à l’expo que vous aviez prévu d’aller voir le week-end prochain, courrez acheter le cadeau de votre copine qui fête son anniversaire dans dix jours, partez courir 30 minutes ou humez simplement l’air du vent (si possible sans particules), un bouquin ou un magazine sous le bras.
  • Magic Number 4bis (oui je sais, j’abuse …) // PIQUER UN ROUPILLON // Et pourquoi y aurait que les vieux, les moins de 4 ans et les femmes enceintes qui feraient la sieste, hein?! Dormir une demi-heure/ trois quart d’heure maxi (perso, pas plus, parce qu’au-delà j’ai l’air drogué ou d’avoir passé la nuit dans un train-couchette…), ça requinque, ça recharge les batteries et… c’est juste bon, en fait! Alors, oui, on culpabilise un peu, on se dit qu’on ne devrait pas, que ça se fait pas, tout ça. Mais pensez aux salariés qui, sur le créneau 14-15h, dorment les yeux ouverts derrière leur ordinateur! Et quand on sait qu’après cette pause, votre production n’en sera que meilleure et easy finger in the nose, pourquoi résister? Faites donc un somme, en somme… ah ah ah, et moi j’en aurais bien besoin!
  • Magic Number 5 // SE CONCENTRER & CLOISONNER // Quand on travaille chez soi (et notamment dans la fameuse « pièce à vivre » comme c’est mon cas), on a vite fait de se laisser envahir. Lorsque la peur de la page blanche menace, c’est quasiment paranormal mais on a alors les yeux attirés par des choses qui, la plupart du temps, sont proches de l’invisible ou perdues tout au bas d’une to do list irréalisable tellement elle est longue. Genre: trier la bannette à courrier/factures, dépoussiérer les étagères du haut de la bibliothèque, faire l’extérieur des vitres, lancer une lessive de l’ensemble des torchons de la cuisine… Donc, non, on se concentre sur son job et on oublie de jouer les fées du logis que de toutes façons on n’a jamais été. Et dès qu’on peut se le financer, on se paie un chouette bureau EN DEHORS de chez soi. Le coworking, c’est bien aussi, mais pas pour moi qui aie besoin d’un bureau fermé pour me concentrer pour écrire. Et cette dernière phrase est la phrase la plus triste et moins glamour de toute l’histoire du blogging.

Alors, hop, hop, hop, je rebondis tout de suite pour ne pas finir là-dessus! Je ne suis qu’au début de ce que j’espère voir grandir comme une longue carrière de free. Ce billet a donc vocation a être complété, modifié voire complément contredit par mes expériences à venir! En tout cas, ce que je peux déjà vous dire, c’est que: Être free, c’est être fort!

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