Chronique d’un plaisir avorté

Je relis mon titre et me dis qu’il est un brin morbide, mais je vous assure qu’il est finalement à la hauteur de mon désespoir aaaaaahhhhhhh…

Bon je vous raconte? Allez, zou, on y va, thérapie de groupe (mon ordi et moi… dans un premier temps!)

L’autre jour, alors que je zonais sur internet à la recherche utopique d’une paire de boots Patricia Blanchet en soldes, je veux dire en trèèès grandes soldes, d’où mon utilisation du mot « utopique » (je sais que certaines me comprendront, enfin j’espère parce que là, mon ordi il ne pigera pas c’est sûr), je tombe nez à nez avec une paire fantastico-merveilleuse-delamortquituesamèrequejaimepardonmaman: bleu métallisé, ma taille, à peine portée. Je plante le décor: on est sur le Bon Coin, l’annonce date du mois dernier, la vendeuse habite Paris. Bref, peu d’espoirs. Mais comme je suis une warrior des causes perdues, je tente ma chance et envoie un SMS à la fille, en me disant qu’au mieux elle me répondra avec nonchalance que les boots ont été vendues le jour même de la mise en ligne en 3 secondes et demi, et qu’au pire elle ne me répondra même pas tellement elle pense que je suis à la rue. J’avoue, j’ai hésité à envoyer le SMS avec le portable de mon Homme, histoire qu’on ne puisse pas me retrouver, et parce que lui, à supposer que la milice de la honte internationale le rattrape, il aurait répondu sans rougir : « C’est qui Patricia? Mon assistante s’appelle Evelyne ». Mais je suis plutôt sincère comme fille alors j’ai envoyé mon SMS avec mon portable. Et j’ai été récompensée parce que la Parisienne m’a répondu illico en me disant que les chaussures étaient dispo. J’ai dit « Ah ben super coocool (nan, c’est pas vrai, je l’ai pas écrit!) mais j’habite Lyon alors sans raconter ma vie, ça nous ferait combien tout ça avec le colissimo? » Et la fille de répondre: « 110 euros tout compris ».

Je le sens, il est ici nécessaire de marquer une pause car certaines personnes sont au bord de l’évanouissement derrière l’écran et comme je n’ai aucune formation de secouriste, je dois les réconforter en expliquant de façon pédagogique le pourquoi du comment. Car je les entends les « Qwwwaaaaaaaaaaa, 110 euros en soldes???? mais c’est quoi ces pompes? elles sont en poils de chinchillas nés les années bissextiles? et la faim dans le monde? et c’est pas fait par des petits chinois en plus? et c’est quoi cette écervelée à la solde de Donald Trump? » Alors, je calme le jeu et je vous fais l’article: les boots Patricia Blanchet, voyez-vous, c’est un truc magique. Déjà ça brille et ça pour moi, ça veut dire beaucoup (ma copine IsaBelle par exemple, elle le sait très bien). Ensuite, on est bien dedans (enfin c’est ce que dit ma copine Julie qui en a deux paires et comme elle est chouette ma copine Julie et que là, elle est enceinte de 7 mois et qu’elle continue à porter ses Patricia Blanchet, ben je la crois ;-)). Enfin, elles ont le talon qui va bien, ni trop bas qui sert à rien ni trop haut qui fait qu’au-delà de 20 mètres tu te rêves en pantoufles. C’est bon? Capishe? Vous voulez une petite photo pour vous convaincre? Et toc!

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Bon ce n’est pas exactement les mêmes que celles du Bon Coin, mais ça donne une idée.

Donc voilà, pour celles qui sont encore là, qui ont du cœur ou de la compassion pour une âme perdue, je continue mon histoire. Vous avez deviné qu’elle se terminait mal non? J’étais déjà presque devenue hyper copine avec la vendeuse de ces chaussures de reine, on s’échangeait des SMS trop mimi « ça y est j’ai envoyé mon chèque », « coucou je l’ai reçu. Je vous poste les boots illico », « et voilà, elles sont parties (avec photo du bordereau colissimo) », « Super! je vous préviens dès que je les reçois tralala »… Du sucre ces échanges, je vous le dis. Eh bien oui, mais le jour J, J comme jeudi dernier, lorsque j’ai ouvert ma boîte aux lettres, mes doigts frémissant et mes pieds déjà amoureux, j’ai trouvé ça:

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Aaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh !!! Hyper laid comme photo de blog mais indispensable pour faire une réclamation!

Point de pantoufles de vair mais un paquet éventré, tout déchiqueté. Vous imaginez ma rage ou pas? Un peu au même niveau que celle de la despote reine Clochette, ma dernière fille (3 ans au compteur, CQFD) devant laquelle l’une de ses sœurs aurait eu l’outrecuidance de rafler le dernier Granola du paquet. J’avais envie de mordre, de pincer très fort, de griffer aussi si j’avais eu les ongles de Kim Kardashian. J’ai eu envie de mourir un peu aussi, mais juste 2 secondes pour honorer mon côté drama queen. Mais quelle injustice!

J’ai prévenu la vendeuse du Bon Coin qui, en bonne copine qu’elle m’était devenue, était tout aussi outrée que moi (plein de « QWWWAAA » et « nan mais c’est pas vrai », « mais dans quel monde vit-on » dans ses SMS de soutien). Bien sûr elle n’avait pas donné de valeur à son colissimo au moment de l’envoi, mais qui le fait hein, à part Tata Monique quand elle vous envoie une énième écharpe tricotée au point mousse pour Noël? Bref, je vous passe les étapes que j’ai dû franchir auprès de mon bureau de poste et du fameux 3631 pour raconter le litige. En résumé, Koh Lanta à côté, c’est du pipi de Rooo Minet. J’ai juste appris que le colis avait été livré le mercredi soir, à 19h30. Et moi, à cette heure-ci, j’étais chez moi. Alors, pourquoi monsieur le livreur il n’a pas sonné?

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Eh bien peut-être parce que monsieur le livreur, il est comme moi, il adoooooore les boots Patricia Blanchet. Je ne peux pas complétement lui en vouloir même si j’ai envie de l’étriper avec mon économe: il a du goût l’espiègle gredin. Je ne suis pas du genre à balancer hein, mais mon immeuble est un peu une forteresse: digicode 24/24, interphone, badge… C’est pas tout à fait la maison des Bisounours, alors moi j’en conclus que c’est le livreur de 19h30 qui a fait le coup. Depuis, je scrute les hommes de mon quartier pour voir s’ils ne porteraient pas, le plus naturellement du monde, une paire de boots bleu métallisé aux pieds. Mais ça peut aussi être un amoureux monsieur le livreur, alors il a pu les voler pour les offrir à sa douce. Donc je regarde aussi les pieds des filles. J’ai les yeux rivés au trottoir, les idées noires et 110 euros en moins sur mon compte en banque. Patricia si tu me lis (quoi? c’est mon blog, je crois ce que je veux), et que les larmes te viennent, tu sais comment me faire plaisir.

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