Ce je ne sais quoi qui déconne #1

Aujourd’hui, j’ai envie de poser une QUESTION FONDAMENTALE : est-ce qu’il est déjà arrivé à Scarlett Johansson de sortir des toilettes avec la jupe coincée dans la culotte? Est-ce que, juste une fois, la langue de Michelle Obama a fourché, ce qui l’a mise dans une situation ultra embarrassante? Et Eva Green, ça lui arrive à elle aussi, de ne pas relire ces SMS sur son iPhone et d’envoyer un truc qui ressemble vaguement à un sexto… du coup??

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Non, parce que vraiment, on a beau – enfin, j’ai beau – m’appliquer à faire au mieux, eh bien souvent, ça casse, ça coince, ça fourche, ça déborde, ça glisse! « C’est ce qui fait ton charme », « Mais au moins toi, tu es HUMAINE » tenteront de me rassurer mes douces, mes chères, mes adorables amies, soeurs, mère. Oui, mais bon, pourquoi y a t-il plus de Florence Foresti que de Nathalie Portman en moi? En fait, ça m’arrive tellement souvent ce genre de plans que j’ai décidé de lancer une série dès aujourd’hui sous le titre de « Ce je ne sais quoi qui déconne ».

Du bon usage du rouge à lèvres

L’envie de partager ça avec vous m’est venue il y a quelques semaines déjà après que, comme souvent, ça ait ripé. Je vous raconte? 18h30. La nuit est tombée, mes filles vaquent à leurs occupations, entre Kapla, table de 6 et clips sur Youtube. Je me dévoue pour aller acheter deux baguettes. Manteau, bonnet, gants et, ne me demandez pas pourquoi, alors que je sors 10 minutes pour aller à la boulangerie, je me mets du rouge à lèvres (rouge, bien rouge qui pète) dans l’ascenseur! Genre, la fille qui ne lâche rien. Aparté: Ma maman, elle m’a toujours dit: « Clarisse, il faut toujours que tu aies de jolis (ça voulait dire propres je crois) sous-vêtements sur toi, parce que si jamais tu te fais renverser par une voiture (oui, ma mère met souvent les choses au pire) enfin bref s’il t’arrive quoi que ce soit, c’est important tu vois? » Je crois que cela avait à voir avec la dignité ou quelque chose s’en approchant. Ça m’a marquée le coup de la culotte, mais je ne me souviens pas qu’elle mentionné le rouge à lèvres: ça doit être, inconsciemment, ma petite touche personnelle apportée à ce mantra maternel. Bref, en sortant de l’ascenseur, je croise une de mes voisines à qui j’envoie un sourire ultra bright; je file à la boulangerie où je multiplie les sourires aussi et « Bonne soirée, ah qu’est-ce qu’il fait froid hein? Ah m’en parlez pas ah ah ah ». Comme il y a une dame assise devant la vitrine, qui mendie, enveloppée dans un grand plaid à peine chaud alors qu’il fait – 3°, j’achète une baguette en plus pour elle. Je la lui donne, elle sort du four, elle est toute chaude: je souris XXL à la dame qui me remercie et me sourit en miroir. Je souris encore plus parce que sinon je vais pleurer je crois. Je repars vers chez moi, le smile scotché au visage, le cœur qui déborde. J’arrive dans le hall de mon immeuble – pour ceux qui connaissent, c’est un peu la galerie des glaces mon hall d’immeuble, mais version cheap, je ne sais pas à quoi carburait l’archi quand il l’a conçu, mais bon c’est raté quoi. Le seul avantage c’est qu’avec toutes ces glaces, on peut toujours faire un dernier raccord avant d’aller à son RDV…. mais bêtement on n’y pense pas forcément avant d’aller à la boulangerie. Parce que là, en attendant l’ascenseur, je me regarde dans la glace et ne me demandez toujours pas pourquoi, je me souris. Horreur du ridicule : j’ai les dents de devant barbouillées de rouge à lèvres. Et je me rembobine le film de mes 10 dernières minutes: ce sourire ensanglanté que j’ai fait à tout ces gens tout à l’heure et surtout à cette dame devant la boulangerie… Je voudrais aller lui dire que je ne suis pas complétement folle, juste un brin zinzin à faire et penser souvent deux/trois trucs en même temps… tout en voulant rester jolie et polie.

 

A suivre…